Par Barbara le 06/09/2010
* petits plaisirs de fin d’Ă©tĂ©
DĂ©cider que, pour changer un peu nos habitudes, nous pourrions faire nos courses sur un autre marchĂ© / Penser ensuite que quitte Ă aller jusque lĂ -bas avec nos cabas, autant en profiter pour grignoter un bout sur place / Remplir nos cabas de tomates et de pommes de toutes les couleurs, de pĂŞches plates et de nectarines d’une belle couleur grenat, mais oublier de prendre des cèpes / Acheter du lapin que l’on cuira Ă la cocotte et quelques tranches de Rostello qui feront le dĂ®ner du soir/ Après les courses, se dĂ©cider pour le stand japonais que l’on avait tant aimĂ© la dernière fois & s’amuser de voir Mister C. indĂ©cis / DĂ©guster un genmaicha en regardant les employĂ©s de cuisine s’affairer / Sur le chemin du retour, trouver tous les prĂ©textes pour ne pas passer l’après midi enfermĂ©s & proposer Ă Mister C. une balade digestive / Profiter Ă fond des derniers jours de soleil avant que l’automne ne s’installe !


TAEKO, Marché des Enfants rouges, 39 rue de Bretagne, 75003 Paris, 01 48 04 34 59
Sur place (environ 30 places mais attention c’est souvent bondĂ© !) ou Ă emporter / Plats traditionnels Ă la carte et/ou bentĂ´ du jour / Service attentif et charmant, cuisine dĂ©licieuse, ambiance vivante du marchĂ© alentours… Que demander de plus ?

Par Barbara le 02/09/2010
Lors de notre escale bordelaise, Madame Nahsam m’emmena dĂ©jeuner dans un petit resto vietnamien dans le quartier Saint Michel. Elle me m’en avait dit que du bien et c’Ă©tait, paraĂ®t-il, la cantine “après marchĂ©” de Madame A l’Ouest… Cela ne pouvait donc qu’ĂŞtre bon ! La terrasse Ă©tant dĂ©jĂ bondĂ©e, nous nous installâmes Ă l’intĂ©rieur, composĂ© de deux salles donc l’une donne directement sur une minuscule cuisine ouverte : un grand frigo, quatre feux, un Ă©vier, deux cuisinières et deux serveuses : c’est tout ce qui leur faut pour assurer un service impeccable.

A peine entrĂ©es, nous Ă©tions assaillies par de dĂ©licieuses effluves d’Ă©pices et de mets grillĂ©s. Si la carte – qui met Ă l’honneur crevettes, boeuf et porc – est vraiment courte, tout donne envie. Et les assiettes que je voyais sortir de la cuisine paraissaient toutes plus exquises les unes que les autres ! Je me dĂ©cidai finalement pour un rouleau de printemps (Goi cuĂ´n), une assiette de nouilles sautĂ©es aux lĂ©gumes (Mi Xao Tom) et un thĂ© au jasmin. Miss N. fut beaucoup plus raisonnable et opta pour des brochettes de crevettes accompagnĂ©es de riz nature (Tom Lui).

Le rouleau de printemps Ă©tait frais, relevĂ© et bien garni – en un mot : dĂ©licieux – et l’assiette de nouilles sautĂ©es parfumĂ©e et roborative Ă souhait ! Et vu le plaisir Ă©vident que pris N. a dĂ©guster ses brochettes et son riz, j’imagine facilement qu’elle Ă©tait elle aussi très satisfaite de son choix.
23,50 euros – Ă deux – pour dĂ©jeuner de façon dĂ©licieuse et copieuse et profiter de l’amabilitĂ© et du sourire d’une serveuse aux petits soins, ce n’est vraiment pas cher payĂ© pour une petite heure passĂ©e Ă papoter chiffons au milieu de senteurs exquises !
Attention, amis bordelais, vous risquez de devenir accros !
TCHING TCHANG TCHONG, 18 place Canteloup 33800 Bordeaux 0556922404
Ouvert lundi, samedi, dimanche : midi – mardi, jeudi, vendredi : midi et soir
Sur place ou Ă emporter
Par Barbara le 01/09/2010
En Provence, nous avons passĂ© quelques jours Ă jouer entre copains et Ă faire des barbecues, papotĂ© plongĂ©e avec nos camarades de la semaine, passĂ© et obtenu notre niveau II, bu du Porto et des CaĂŻpirinhas pour fĂŞter ça, mangĂ© des sandwiches en attendant un train…

A Bordeaux, nous avons mangĂ© des huĂ®tres Chez Jean-Mi, achetĂ© des produits rĂ©gionaux au Dock des Epices & au Comptoir Bordelais, bu un thĂ© Ă la menthe Au bout du monde, papotĂ© cuisine, musique et Liberty autour d’un cafĂ© ou d’un thĂ© (d’ailleurs, on vous prĂ©pare de chouettes nouveautĂ©s pour tout bientĂ´t !), arpentĂ© de jolies rues piĂ©tonnes, dĂ©vorĂ© des yeux les cannelĂ©s de chez Baillardran, grignotĂ© des crevettes et des bulots en buvant du Tariquet, fait un super gueuleton Ă la Guimbarde des Chartrons, achetĂ© du thĂ© chez Chris’teas, dĂ©couvert des produits inconnus au MarchĂ© des Capucins, improvisĂ© un barbecue…



En Dordogne, nous avons achetĂ© des bouteilles au Château de Monbazillac, regardĂ© les lĂ©gumes du jardin pousser, achetĂ© des chèvres et de la charcutaille Ă des petits producteurs rĂ©gionaux, dĂ©corĂ© une Ă©glise, bu de bonnes bouteilles, mangĂ© un magret Ă l’apĂ©ro, prĂ©parĂ© plus de 20 litres de caĂŻpirinha pour le vin d’honneur et participĂ© Ă une belle fĂŞte.

Enfin, en rentrant Ă Paris, nous avons eu la mauvaise surprise de constater que le Frigo Magique Ă©tait tombĂ© en panne et que quelques billets avaient malencontreusement disparus… Mais nous ne nous sommes pas laissĂ©s abattre et Mister C., armĂ© de sa serpillère (qui doit ĂŞtre magique elle aussi !), a rĂ©parĂ© le plus gros des dĂ©gâts, tandis que je réécrivais ce billet !
Par Barbara le 14/06/2010
Ouh la la… J’avais complètement oubliĂ© ce billet ! Dire qu’il est Ă©crit depuis des semaines ! Il serait grand temps que l’on vous raconte le succulent repas vietnamien que nous avons fait juste avant notre stage de plongĂ©e. Ce soir-lĂ , nous avions dĂ©cidĂ© de chausser nos lunettes 3D pour passer la porte du Pays des Merveilles. Nous avions choisi la dernière sĂ©ance, ce qui nous donna l’occasion de grignoter un morceau avant le film. Faisons donc escale Ă Phu Quoc…
VoilĂ un restaurant qui ne paie vraiment pas de mine. Pour tout vous dire j’ai habitĂ© jute Ă cĂ´tĂ© pendant 1 an et demi sans mĂŞme le voir… Au rez-de-chaussĂ©, on ne trouve qu’un bar et deux petites tables mais il suffit d’escalader l’Ă©troit escalier pour se retrouver dans une jolie salle Ă l’ambiance zen. La lecture de la carte carte met l’eau Ă la bouche. Certes, on y retrouve les spĂ©cialitĂ©s de ce coin d’Asie (nems, beignets, raviolis, bun, soupes pho), mais ony dĂ©couvre Ă©galement des plats plus pointus comme la daurade entière grillĂ©e. Je me laissais volontiers tenter !


L’assortiment de vapeurs (pour deux personnes) que nous partageâmes en entrĂ©e me fit revoir mes critères d’apprĂ©ciation de ces petites bouchĂ©es que jusqu’Ă prĂ©sent je ne dĂ©gustais quasiment que dans le restaurant traditionnel chinois dans lequel nous avons nos habitudes depuis 30 ans… Ici les bouchĂ©es fondent vĂ©ritablement en bouche, les farces sont dĂ©licatement parfumĂ©es, la pâte est lĂ©gère, lĂ©gère… Un vĂ©ritable dĂ©lice ! Ces bouchĂ©es sont servies sur un lit de pousses de bambou, croquantes Ă souhait et parsemĂ©es de ciboule ciselĂ©e et de cacahuètes hachĂ©es.
Je vis ensuite arriver une jolie dorade grillĂ©e bien dodue, Ă la chair cuite Ă point, posĂ©e sur quelques feuilles de salades et rondelles d’orange. Elle Ă©tait entière, farcie d’un mĂ©lange de feuilles de citronnier, ciboule, oignon, piments et Ă©pices. Un parfait Ă©quilibre entre les saveurs piquantes et sucrĂ©es. Un rĂ©gal !
Mister C. optait, quant Ă lui, pour un bĂ´ bun (ne pas hĂ©siter Ă le demander en version “plat”, la carte ne le mentionnant que dans les entrĂ©es) qui semblait succulent Ă©galement. Fervent amateur de bĂ´ bun, il m’avoua par la suite avoir spĂ©cialement choisi ce plat afin de pouvoir comparer ce restaurant avec ses prĂ©cĂ©dentes expĂ©riences de la cuisine vietnamienne.
Nous fîmes donc un merveilleux repas pour une addition somme toute relativement modique (assortiment de vapeurs (pour 2 pers) : 13.00 euros / dorade entière grillée : 15.90 euros / bô bun, version plat : 11.00 euros / riz cuit dans sa feuille de bananier : 5.90 euros)
Escale Ă Phu Quoc, 35 rue Montholon, 75009 PARIS, 01 45 26 04 01
Par Barbara le 01/05/2010
Un de ces derniers dimanches, alors que Mister C. affrontait sur un dojo son premier vrai adversaire, je me prĂ©parais Ă passer un agrĂ©able bout de journĂ©e entre filles. Au programme : expo Sainte-Russie au Louvre, balade au soleil dans les jardins des Tuileries et brunch chez Scoop. J’avais repĂ©rĂ© cette adresse dans mon guide du routard des restos parisiens (vraie mine d’idĂ©es lorsqu’on cherche une table agrĂ©able Ă petits prix) et la description m’avait paru allĂ©chante : “restaurant (…) tonique, relaxant, en phase avec le monde et ses produits les plus naturels. Pari rĂ©ussi, puisque leur petit resto d’Ă©tage ne dĂ©semplit pas depuis son ouverture. La formule plait autant pour sa carte que pour ses prix et son cadre : large baie vitrĂ©e donnant sur le temple de l’Oratoire, brique jaune ou pierres apparentes, tables basses et banquettes, coin snack colorĂ©.” Ca paraissait ĂŞtre le cadre idĂ©al pour un dĂ©j’ entre copines (d’ailleurs, la clientèle est essentiellement fĂ©minine). Petite revue de dĂ©tails…

Les plus :
* le cadre est effectivement plutĂ´t agrĂ©able : on est rue St HonorĂ©, la salle est claire et pimpante, on a de la place (surtout lorsque, comme nous, on a la chance d’ĂŞtre placĂ©es autour d’une table basse, sur des fauteuils et banquettes très confortables).
* la carte du brunch est assez large pour satisfaire tous les goĂ»ts : formules “Sport” et “Pankake” pour les becs sucrĂ©s / formules “Egg Benedic” et “Miss Katy” pour les amateurs d’oeufs et de pommes sautĂ©es / et la spĂ©ciale “Lox and Stuff” pour les fanas de cuisine santĂ©. Le tout venant en complĂ©ment du pot commun Ă toutes les formules : boisson chaude au choix + jus de fruits frais + pain/beurre/confitures maison. Chacune de nous ayant pris une formule diffĂ©rente, nous avons pu tester et comparer les formules. Les portions sont gĂ©nĂ©reusement servies, le jus orange/pamplemousse est frais, pulpeux et bien pressĂ© minute et il ne faut surtout pas hĂ©siter Ă redemander une ou deux bannières de pain (très bonne baguette, fraĂ®che et croustillante). J’ai, pour ma part, optĂ© pour le “Lox and Stuff” : bon bagel croustillant et moelleux Ă la fois / crème aigre servie Ă part et saumon goĂ»teux / taboulĂ© de quinoa et mesclun frais et peu gras.
* les prix sont raisonnables pour la qualité des plats et les portions servies, de 18 à 25 euros.
Les moins :
* l’accueil et la gestion des rĂ©servations laissent Ă mon avis nettement Ă dĂ©sirer. Bien que j’ai rĂ©servĂ© pour 14h00, nous avions quelques minutes d’avance lorsque nous sommes arrivĂ©es. Devant nous, patientaient dĂ©jĂ 3 groupes ayant Ă©galement rĂ©servĂ© pour le mĂŞme horaire. Il s’est bien Ă©coulĂ© 10/12 minutes avant que quelqu’un s’aperçoive de notre prĂ©sence, nous dise bonjour et s’informe de notre rĂ©servation. Entre temps, derrière nous, la file d’attente s’Ă©tait prolongĂ©e sur le trottoir. Au bout de 20/25 minutes, nous avons – enfin – pu gagner notre table. Visiblement, ce dimanche-lĂ il manquait un membre de l’Ă©quipe, le personnel Ă©tait donc un peu dĂ©bordĂ© et cela se faisait sĂ©rieusement sentir.
* la formule “brunch ou rien” du dimanche, qui finalement ne donne pas la possibilitĂ© de tester les plats Ă la carte.
* le service un peu brouillon, dont, fort heureusement, nous n’avons pas eu Ă nous plaindre, mais je crois que nous Ă©tions bien les seules… Comme quoi, parfois la simple serveuse est plus efficace que la patronne dĂ©bordĂ©e (qui a multipliĂ© les erreurs dans la prise des commandes, inversĂ© les plats entre deux tables, etc.)
Au final mon sentiment est assez mitigĂ© et je ne saurais pas trop si je vous recommande ou non cet endroit… Attendons de voir, ma copine Isa souhaitait y retourner en semaine, elle nous donnera peut ĂŞtre un avis supplĂ©mentaire.
Scoop Café, 154, rue Saint Honoré 75001, 01 42 60 31 84
Par Barbara le 29/04/2010
* Titre librement emprunté à Marguerite Duras
Lors de mon dernier sĂ©jour londonnien, j’avais repĂ©rĂ© dans mon guide une adresse près de Covent Garden qui servait un plat japonais qui m’Ă©tait jusqu’alors totalement inconnu : l’okonomiyaki. Courageuse et tĂ©mĂ©raire, je dĂ©cidais de ne pas quitter Londres sans avoir goĂ»tĂ© Ă cette spĂ©cialitĂ© pas du tout locale (mais après tout, nous avions dĂ©jĂ largement profitĂ© de la cuisine des pubs, des sandwiches Marks & Spencer et du breakfast anglais ; nous pouvions bien nous autoriser une petite entorse Ă notre sĂ©jour “full british”).
L’okonomiyaki, kesako ? Il s’agit d’une sorte de crĂŞpe Ă©paisse Ă base de farine de sarrasin et de farine de bonite (un poisson sĂ©chĂ© rĂ©duit en poudre). LittĂ©ralement, “okonomiyaki” signifie “ce que vous aimez, grillĂ©”. C’est donc un plat customisable selon les goĂ»ts du consommateur : porc/poulpe/calamars/crevettes/fruits de mer/fromage… Tout est possible !
Dans ce resto londonnien, toutes les tables – ainsi que le comptoir le long duquel nous avons dĂ®nĂ© – Ă©taient Ă©quipĂ©es d’une grande plaque chauffante centrale, sorte de plancha sur laquelle les serveurs faisaient cuire l’okonomiyaki sous les yeux des convives. Enfin “sous les yeux” c’est vite dit puisque, par souci d’une cuisson uniforme, les galettes cuisaient sous cloches mĂ©talliques. Ne sachant pas trop quoi choisir pour cette première expĂ©rience, je dĂ©cidais d’opter pour un okonomiyaki simple aux calamars. Et je fus un peu triste lorsque je me rendis compte que notre voisine, française elle aussi, avait poussĂ© la tĂ©mĂ©ritĂ© jusqu’Ă demander le supplĂ©ment “nouilles” (la pâte de sa galette contenait en plus des ingrĂ©dients de base une petite portion de nouilles soba frites), ce qui donnait Ă sa galette une Ă©paisseur et une texture surprenante.
Cette expĂ©rience culinaire me plut beaucoup (est-ce lĂ que sont nĂ©es mes envies de galettes ?) et depuis mon retour Ă Paris, j’y repensais rĂ©gulièrement. Toutefois, il me fallu attendre plusieurs mois avant d’apprendre, Ă la faveur d’une balade avec des copains fĂ©rus de cuisine japonaise et grands connaisseurs des bonnes adresses du quartier Sainte Anne, qu’il y avait lĂ , quasiment en face de ma cantine japonaise, une adresse pour amateurs d’okonomiyaki. Alors, un soir oĂą nous devions dĂ®ner tous ensemble je proposais que l’on s’y retrouve.

Mister C. choisit la formule soupe miso / salade / okonomiyaki au porc. A. se dĂ©cidait pour l’okonomiyaki aux fruits de mer. Quant Ă moi, le supplĂ©ment “nouilles” n’Ă©tant pas proposĂ© ici, j’optais pour un okonomiyaki simple aux calamars. Seul J., peu amateur de ces galettes, choisit une autre formule. Avec quelques lĂ©gumes Ă partager en entrĂ©e (radis jaune marinĂ© / chou pimentĂ© / prunes salĂ©es) et du thĂ©, l’addition pour quatre ne dĂ©passait pas 65 euros.

Un petit regret toutefois : la salle du sous-sol (seule Ă disposer du grand comptoir aux plaques chauffantes) Ă©tant bondĂ©e, nous n’avons pas eu la chance de voir la magie opĂ©rer.
> AKI, 11 rue Ste Anne, 75001 PARIS, 01 42 97 54 27
Par Cyril le 27/04/2010
Salut !
Il parait qu’en Bretagne, “Traou-Mad” veut dire “bonnes choses”. Chez Casimir, une bien belle adresse cachĂ©e Ă l’ombre de l’église Saint-Vincent-de-Paul, ils ont dĂ©cidĂ© de prendre l’expression au pied de la lettre en proposant une douceur pantagruĂ©lique Ă mi-chemin entre un buffet campagnard entre potes et un brunch bretonnisant frisant la dĂ©cadence. Carpe Diem en mode hardcore, les samedis et dimanches de 10h Ă 19h00 non-stop, la boustifaille est Ă volontĂ©, succulente et Ă s’en faire pĂ©ter la sous-ventrière. J’en fais trop ? Ben, non, pour 25€, on a dĂ©couvert une adresse qui ne prend pas le client pour un touriste.

Une demi-douzaine de salades et cruditĂ©s, du tartare de saumon, des harengs Ă l’huile et du risotto aux encornets, des terrines et du boudin, des bulots et du crabe, du magret fumĂ© et de l’oie farcie, une trancheuse garnie d’une collection de charcuteries, une soupe de poissons dans une jarre de cinq ou dix litres, de la mozzarella marinĂ©e, du caviar de lentilles Ă la Morteau, des haricots blancs au haddock… Attention, il y a un piège car ce n’est que le dĂ©but.

Naïfs que nous sommes, nous nous en étions déjà collé allègrement deux assiettes en travers du gosier quand l’aimable serveur déboula avec une omelette aux champignons. Puis des huitres. Puis des coquilles Saint-Jacques marinées. Puis une cassolette de volaille. Et du poisson en sauce, aussi, histoire de bien nous faire comprendre que nous sommes tombés sur des extrémistes de la bonne bouffe, généreuse à souhait. Un bémol, tout de même, nous avons renvoyé la cassolette en cuisine mais je n’en veux pas plus que ça aux deux cuistots de nous avoir servi une volaille à la cuisson bien trop brève, vu le bouillon qu’ils prennent à cause de la bande d’affamés qui traine en terrasse.
L’ambiance est d’une rare décontraction, puisqu’il faut se servir et dresser sa table, faire tourner les planches de terrines et ramener du pain pour la table voisine tant qu’on y est à faire le déplacement. Je vais même faire un tour en cuisine, histoire de négocier du rab pendant que ma douce passe derrière le comptoir pour se servir une carafe d’eau parce que, tu comprends, le taulier est déjà occupé à ouvrir des huitres et les huitres, c’est sacré ! Il faut savoir jouer des coudes à l’abord du comptoir, ne pas hésiter à déposer une pile d’assiettes sales en plonge pour faire table rase avant de repartir à l’assaut, rester en embuscade pas loin du buffet après avoir entendu parler d’un foie gras en cuisine, bref, faire preuve d’un peu de débrouillardise dans ce joyeux capharnaüm qui tourne très bien une fois qu’on en a compris le principe.
Côté pinard, la méthode est implacable, puisque là -encore chacun va se chercher sa bouteille à la cave, vendue à prix caviste (un parfait Pouilly Fumé à 14 euros), puis se la fait ouvrir au comptoir. Il ne faut d’ailleurs pas hésiter à entamer un nouveau flacon, puisqu’il est possible de repartir avec les boutanches entamées.
Là où le traou-mad de chez Casimir devient totalement démentiel, c’est lorsque d’une démarche chaloupée on arrive en vue du buffet de desserts : du far breton, un fondant au chocolat à couper à la cuillère, du crumble aux pommes, des madeleines, du pain d’épices, de la teurgoule et du riz au lait, des compotes en tout genre, une marmelade d’oranges pour laquelle on vendrait sa grand-mère, des sablés, un tiramisu démoniaque… Au secours, c’est de la folie furieuse.

On jette l’éponge après deux heures d’épique combat, bienheureux vaincus que nous sommes sous une avalanche constante de succulents mets dont nous bombarde la cuisine. Mais, environ deux cafés plus tard, alors que l’ombre de l’église voisine s’étend enfin sur le théâtre des opérations, mon copain Ousmane sort de sa cuisine pour nous dire qu’il vient tout juste de sortir un kouign-amann de son four, accompagné d’un ananas confit et de petits bocaux de mousse au chocolat blanc. Il n’en faut pas plus réactiver le pilote automatique en direction du buffet. Il faudrait être un moine tibétain pour accepter de passer à côté.
Chez Casimir, on n’y vient pas en amoureux pour se faire un tendre moment aux chandelles à la sauce Saint-Valentin. Pas qu’on y passerait un mauvais moment, mais ce n’est pas la philosophie du lieu. Ca aurait pu s’appeler « les copains d’abord » et c’est entre copains que je compte bien y retourner. Style le 9 mai.
Chez Casimir, 6 rue de Belzunce, 75010 PARIS, 01 48 78 28 80
Par Barbara le 16/02/2010
Cela faisait plusieurs fois que je passais devant ce restaurant, situĂ© tout près de la boutique. Et chaque fois, immanquablement, j’Ă©tais attirĂ©e par le spectacle de ces longues nouilles que le cuisinier Ă©tire Ă la main telle une très longue guimauve blanche… Il ne me manquait que l’occasion pour franchir le seuil de la porte. Ce fut chose faite un soir de janvier lorsqu’il nous fallu, Ă Mister C. et moi-mĂŞme, nous restaurer avant d’aller chausser d’Ă©lĂ©gantes lunettes 3D.

Les Pâtes vivantes, quesako ? Il s’agit d’une tradition du nord de la Chine qui consiste Ă confectionner, Ă partir de trois ingrĂ©dients très simples (farine de blĂ©, eau et sel) des nouilles pĂ©tries et Ă©tirĂ©es Ă la main en un long cordon cylindrique, blanc et luisant. Le geste est parfaitement maĂ®trisĂ© et m’a rappelĂ© le procĂ©dĂ© de fabrication de la guimauve. Dans le but de goĂ»ter Ă plusieurs saveurs, Mister C. et moi avons dĂ©cidĂ© de partager deux plats : la soupe de nouilles au boeuf Lanzhou (version non-piquante) et les nouilles sautĂ©es aux lĂ©gumes et poulet. Les deux Ă©taient exquis ! Le bouillon Ă©tait savoureux bien que non relevĂ© & les nouilles sautĂ©es Ă la sauce Chajiang croquaient sous la dent. Avec un thĂ© au jasmin et une bière, nous avons dĂ©licieusement dĂ®nĂ© et l’addition ne dĂ©passait pas 25.00 euros pour deux… Pouvait-on rĂŞver mieux ?

Les pâtes vivantes, 46 rue du Faubourg Montmartre, 01 45 23 10 21
Par Barbara le 31/01/2010
* petits plaisirs du dimanche
Donner rendez-vous Ă des copains pour arpenter en bande le quartier de la rue Ste Anne, ses Ă©choppes minuscules, son nouveau supermarchĂ© asiatique ** & ses petites cantines qui dĂ©ploient jusque sur le trottoir leurs odeurs Ă©picĂ©es / Se fĂ©liciter d’avoir emportĂ© carnet et crayon pour noter toutes les bonnes adresses de J. et A. / DĂ©jeuner sur le pouce d’une spĂ©cialitĂ© corĂ©enne & de quelques dĂ©licieux sushis / Se fĂ©liciter d’avoir trouvĂ© Ă Paris un restaurant qui propose les okonomiyaki que j’avais adorĂ©s Ă Londres cet Ă©tĂ© / Faire quelques emplettes pour enrichir notre Ă©tagère “cuisine asiatique” / Rentrer se mettre au chaud & prĂ©parer de quoi composer mes dĂ©jeuners de la semaine prochaine / Retrouver J. et A. en fin d’après midi & les remercier de nous avoir si bien guidĂ©s en leur concoctant un bouillon vĂ©gĂ©tarien.


Bibimbap au boeuf pour Mister C. et aux légumes pour moi (bol de riz rond recouvert de carottes, champignons, courgettes, navets, concombres, épinards, pâte de piment rouge et huile de sésame) / Tiramisu au thé vert pour A. / Tiramisu aux haricots rouges pour Mister C.
** Kmart 6/8 rue Ste Anne 75002 Paris / Epicerie corĂ©enne et japonaise + cantine d’apoint (deux bibimbap, 6 sushis, 2 thĂ©s verts : 21.00 euros)
Par Cyril le 25/01/2010
Salut !
Savoureux héritage de l’époque ou le quartier des Halles était le ventre de Paris, le Lamfé est une table incontournable pour qui aime la viande, les frapadingues de la bidoche et autres carnassiers du genre. Ce qui n’est pas notre cas, bien entendu.

C’est une table simple à la manière d’un bistrot chic qui nous attend là bas, pas de cuisine expérimentale plus ou moins moléculaire, pas de world fusion à mélanger les saveurs, juste une cuisine soignée et talentueuse utilisant des ingrédients parfaitement sélectionnés.
La viande y est tout bonnement fabuleuse, je soupçonne les patrons d’avoir pactisé avec le diable pour oser nous sortir avec sourire et gentillesse cette qualité sans faille. Le choix est cornélien entre le faux filet de Salers presque aussi fondant qu’un sorbet, la gigantesque et juteuse côte de bœuf ou le magret de canard. Personnellement, je me laisse aller au faux filet de façon quasi métronomique, mais la carte s’explore avec plaisir et propose quelques grands moments de cuisine traditionnelle comme le foie de veau, les rognons ou l’incontournable os à moelle, arlésienne regrettable dans les restaurants du genre.

La carte des vins accompagne fidèlement l’expérience carnivore, proposant un large choix de vins au verre ou au pot, détail toujours appréciable pour ceux qui ne se descendent pas systématiquement une pleine bouteille ou qui veulent tester plusieurs vins en un même repas.
La formule « tout Salers » du midi propose une salade de Mesclun aux copeaux de Cantal suivi d’un faux-filet de Salers qui finit d’enfoncer le clou, plaçant définitivement cette adresse en haut de la courte liste des tables que je recommande chaleureusement. D’où ce post.
Restaurant le Lamfé (une des meilleures viandes que j’ai eu la chance de déguster), 7 rue des Prouvaires 75001 PARIS. Ouvert du lundi au samedi.
*La Femme du Boucher, en argot des halles.